L'envie de se sortir d'une dépendance peut se manifester pour différentes raisons. On dit parfois que ce n'est qu'après avoir touché le fond qu'on trouve la force de remonter. En fait, il peut y avoir d'autres déclencheurs: la souffrance, le ras le bol de la personne concernée, une rencontre, un projet, l'influence ou la pression de l'entourage.
Quoi qu'il en soit, pour qu'un changement ait lieu et qu'un traitement soit efficace, il est indispensable que la personne concernée ait elle-même décidé de s'en sortir. Il s'avère souvent contre-productif d'agir derrière le dos de la personne concernée en prenant par exemple rendez-vous chez le médecin pour elle sans lui en parler.
Avoir envie de s'en sortir, avoir la volonté de s'en sortir est un premier pas indispensable. Ensuite il faut se donner des moyens pour y parvenir.
Selon les produits consommés, un sevrage physique s'avère parfois nécessaire et selon la gravité de la maladie une hospitalisation peut être indispensable. Il existe différentes aides possibles, il importe que chacun puisse trouver le moyen qui lui convienne le mieux et qui convienne le mieux à sa situation familiale, sociale et professionnelle.
Comment sortir de l'alcool
La personne dépendante doit prendre conscience de son problème d'alcoolisme et accepter de changer son mode de vie et ses habitudes. Il lui faut (ré-)apprendre à vivre sans avoir recours à l'alcool, ce qui signifie aborder des questions liés aux relations, au travail, aux loisirs, à la vie de couple, à la sexualité, à la façon de réagir aux événements, car l'alcool a influencé toutes les facettes de sa vie.
Vouloir arrêter de boire, c'est ne pas hésiter à demander du soutien à son médecin ou à un service spécialisé. Il faut se donner des moyens, se fixer des objectifs réalistes, bénéficier de soutien pour y parvenir. Le rétablissement est un processus lent, parfois ponctué de rechutes; celles-ci ne sont pas forcément des échecs, mais plutôt le signe que tout n'est pas encore résolu.
Si l'abstinence reste l'objectif le plus souvent visé, il peut arriver que l'on propose aussi - selon la gravité de la maladie - l'apprentissage de la consommation contrôlée.
Différents traitements ambulatoires sont proposés par des centres spécialisés en alcoologie et/ou toxicomanie. Un tel traitement permet de prendre en charge le problème alcool sans arrêter la vie active professionnelle. Il existe également des cliniques et des centres spécialisés offrant des traitements résidentiels qui s'adressent plus particulièrement aux personnes ayant besoin, dans un premier temps, d'un milieu protégé pour réapprendre à vivre sans alcool. La durée d'un tel traitement varie de quelques semaines à un an et les méthodes sont différentes d'un centre à l'autre.
Certains médicaments peuvent contribuer au traitement de l'alcoolodépendance: l'Antabus peut être prescrit après un sevrage pour aider à maintenir une abstinence. Son mode d'action est d'empêcher la dégradation de l'alcool dans le corps, si bien qu'en cas de consommation, des réactions physiologiques extrêmement désagréables se manifestent.
D'autres médicaments prescrits spécifiquement pour soigner l'alcoolodépendance sont: le Campral qui diminue l'envie de consommer et la Nemexin qui supprime l'effet euphorisant de l'alcool. Ces médicaments à eux seuls ne suffisent pas à traiter l'alcoolodépendance, mais sont d'excellentes béquilles pour renforcer une démarche thérapeutique globale.
Parmi les moyens à disposition, il ne faut pas oublier de mentionner les groupes d'entraide, comme par exemple les Alcooliques anonymes.
Comment sortir de la drogue
Avant toute chose, il convient d'évaluer minutieusement la situation de la personne consommatrice: ce qu'elle consomme, à quelle fréquence, depuis combien de temps, les éventuelles tentatives d'arrêt déjà entreprises, la situation familiale, sociale, professionnelle, les ressources à disposition.
Plusieurs objectifs peuvent se dessiner: un sevrage (ambulatoire ou hospitalier), la mise en place d'un traitement de substitution, l'accompagnement ambulatoire ou un traitement résidentiel. Il n'y a pas un type de traitement que l'on puisse appliquer avec succès à tout le monde.
Il convient donc de prendre le temps nécessaire pour évaluer la situation et élaborer un projet thérapeutique. Ce premier contact peut se faire chez un médecin, auprès d'un centre de consultation. Ce n'est, généralement, qu'après cette phase préparatoire que s'effectue le sevrage pendant lequel le médecin prescrit certains moyens médicamenteux qui facilitent ce passage. Une fois le manque physique surmonté - si une dépendance physique s'était installée - il faut faire face au manque psychologique.
Ce travail sur soi-même peut se faire de manière ambulatoire (médecin, service spécialisé, psychologue, groupe d'entraide) ou résidentiel dans un centre spécialisé.
Les centres de traitement résidentiels proposent un accompagnement de quelques semaines à plusieurs mois. Fonctionnant comme des communautés de vie, ces institutions visent la réinsertion sociale à travers le réapprentissage de la vie quotidienne et de la sociabilité.
Depuis un peu plus d'une vingtaine d'années, des traitements de substitution - notamment avec la méthadone - se sont développés. Ils libèrent le toxicomane de la peur du manque et de la nécessité constante de rechercher sa dose, permettant de consacrer son énergie au maintien d'une qualité de vie et à la réinsertion sociale.
Les rechutes
Se sortir d'une dépendance est un chemin souvent long et difficile, parfois ponctué de rechutes. Celles-ci ne sont pas forcément des échecs, mais le signe que tout n'est pas encore résolu ou qu'il faut se donner d'autres moyens pour parvenir à l'abstinence.
Les rechutes peuvent toutefois être dangereuses parce que l'organisme qui a été sevré du produit va réagir violemment aux doses "habituelles" d'avant le sevrage et le risque d'overdose ou d'intoxication est important.
L'entourage et le traitement
Souvent l'entourage se demande ce qu'il peut faire, ce qu'il doit faire lorsque la personne dépendante décide de se soigner. Il n'y a là encore pas de recettes toutes faites.
L'entourage joue un rôle important dans le rétablissement, mais c'est à la personne dépendante d'exprimer ses besoins d'aide et à l'entourage de pouvoir ou non y répondre. Il est essentiel de laisser la responsabilité du traitement à la personne concernée. Il arrive que l'entourage se sente en décalage: la personne malade entre dans un processus de traitement parfois intensif, alors que l'entourage continue son cheminement quotidien.
Il est extrêmement important que l'entourage puisse exprimer ses ressentiments, sa souffrance mais aussi ses difficultés et ses appréhensions vis-à-vis des changements: devra-t-il adopter un comportement particulier vis-à-vis des produits? Quelles sont les tâches et les responsabilités qui vont être à nouveau assumées par la personne dépendante?
Pendant parfois des années l'entourage s'est occupé de tout; c'est un apprentissage pour la personne dépendante mais aussi pour l'entourage que de trouver une dynamique nouvelle suite au traitement.
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