Faut-il parler des drogues à ses enfants?
Comme la plupart des parents, vous êtes préoccupés par le problème de la drogue et vous vous demandez s'il est nécessaire de parler des drogues à votre enfant et si oui, à partir de quel âge. Tout d'abord, il n'y a pas d'âge à partir duquel il est absolument nécessaire de parler des drogues aux enfants. A l'inverse, il ne faut pas en faire un tabou et éviter les discussions à ce sujet.
Ensuite, il n'y a pas forcément besoin d'être un spécialiste des toxicomanies pour aborder le sujet avec vos enfants. L'essentiel est ailleurs, dans le dialogue, dans l'écoute, la confiance réciproque. C’est dans les gestes et paroles de tous les jours que vous allez tisser une relation vous permettant de prévenir les problèmes de drogue. Avoir une attitude préventive correspond plus à un style de vie qu'aux connaissances spécifiques des produits. Pourtant, en savoir plus sur les produits vous donnera plus d'assurance.
Parler de drogue avec son enfant n'est pas chose facile. Comment ne pas laisser transparaître ses propres angoisses? Comment en parler sans faire la morale, sans risquer d'inciter le jeune à transgresser un interdit? Faut-il attendre les questions de son enfant ou provoquer soi-même l'occasion d’en parler? Si votre enfant vous pose des questions, il est important de lui répondre en lui apportant l'information qu'il demande, mais aussi en ouvrant une discussion sur ses préoccupations. S'il n'y a pas de demande, le dialogue peut s'instaurer autour d'autres sujets. Car parler de drogues avec un enfant ou un adolescent, c'est parler avec lui des plaisirs, des risques, des choix, de l'influence, de la confiance, des modes, etc.
Parler des drogues, c'est l'aider à se forger sa propre opinion, à adopter un jugement critique sur ce qu'il entend, à renforcer la confiance qu'il a en lui, sa capacité à défendre ses choix. C'est finalement lui donner les moyens de développer des choix responsables et dialoguer sur des thèmes tels que santé, plaisir, limites, loi, etc.
Faut-il parler des drogues à l'école?
Prévenir la consommation de tabac, d'alcool et de drogue est un objectif prioritaire de la prévention, et pour qu'une prévention soit efficace, il importe que les messages soient relayés par tous les milieux: famille, école, loisirs, médias, mesures légales.
L'école est un acteur important de la prévention: d'une part, les enseignants servent de modèle aux jeunes, d'autre part, la structure scolaire permet de développer un travail continu auprès des élèves afin de renforcer leurs compétences sociales pour faire face aux problèmes de la vie quotidienne et aux questions existentielles qu'ils se posent.
La prévention ne réside pas dans le spectaculaire mais dans le quotidien, s'alimentant des émotions et des expériences partagées. Le rôle de l'école est d'informer sans exagérer ni créer du sensationnel et de rectifier des informations erronées, ainsi que de redonner du sens aux mots et aux comportements.
Faut-il parler des drogues au travail?
Les problèmes liés à la consommation d'alcool ou de drogues génèrent des coûts économiques considérables pour les entreprises: absentéisme, maladies plus fréquentes, perte de productivité, problèmes de sécurité, etc.
Pour l'entreprise, il est nécessaire de faire le lien entre consommation de produits psychotropes et exigences professionnelles; c'est une manière de légitimer sa volonté de sensibiliser tout le personnel aux différents modes de consommation de drogues légales et illégales, à leurs effets et risques sur la performance professionnelle et sur la santé. Dans ce cadre-là, il est important non seulement de rappeler les règles appliquées par l'entreprise mais plus encore de signaler sa disponibilité à aider en cas de difficulté personnelle.
De nombreux facteurs influencent la consommation d'alcool et de tabac: accessibilité et visibilité du produit, acceptation, voire valorisation sociale de sa consommation. Dans chaque entreprise, des règles et/ou pratiques existent concernant la consommation de produits. Il est indispensable que l’entreprise ait des règles claires et connues de tous en matière de consommation d'alcool ou de tabac, tout comme en matière de drogues illégales.
En parler aux employés
On a pu constater que dans les entreprises ayant mis en place une politique de prévention des problèmes d'alcool, de tabac et de drogues, la capacité de communication interne se trouvait renforcée, le bien-être social amélioré, avec des conséquences positives sur le stress et sur la motivation de l'ensemble du personnel.
L'information sur les effets et les risques de la consommation d'alcool et de drogues est la base de la prévention. Il est cependant aussi nécessaire d'agir aussi au niveau structurel (interdiction de consommation, lieux de consommation, horaires, fêtes d'entreprise, apéritifs,etc.)
En parler aux apprentis
Selon la Loi sur le travail [822.11] (art.29 à 32), la Loi sur la formation professionnelle [412.12] (art.10 al.1) et le Code des Obligations [220] (art. 328), il est du devoir de l'employeur de protéger la santé et de sauvegarder la moralité des jeunes qui suivent une formation professionnelle dans leur entreprise.
Cela inclut non seulement les notions de sécurité et d’intégrité corporelle, mais fait référence aussi au devoir éducatif du maître d'apprentissage. La partie visible de la prévention des problèmes liés à l'alcool et aux drogues chez les apprentis se concrétise par la volonté de transmettre des informations sur les substances, au travers d’actions ponctuelles, ainsi que par des règles claires en matière de consommation, avec les sanctions qui en découlent en cas de transgression. On peut citer à titre d'exemple différentes actions menées dans les entreprises:
- séances d'information sur les drogues, exposition;
- animations durant les camps ou lors des semaines d'introduction en début d'apprentissage.
Les règles les plus importantes concernent la consommation (avant et/ou pendant le temps de travail), l'accessibilité à l'alcool au sein de l'entreprise), la consommation de tabac, les mesures en cas de consommation de drogues illégales, la consommation de médicaments sans indication médicale.
Faut-il parler des drogues durant les loisirs?
Le monde des loisirs est vaste: clubs sportifs, sociétés diverses, mouvements scouts, groupes musicaux, etc, mais c'est un domaine important pour relayer des messages de prévention et de promotion de la santé. Les personnes qui encadrent les jeunes durant leurs loisirs sont aussi des modèles pour les jeunes. Ils peuvent, à travers un dialogue et la pratique d'un hobby, les inciter à prendre leurs propres décisions et à agir de façon responsable.
Que ce soit en répondant à une question d'un jeune, en posant des règles - et en les explicitant - autour des consommation lors des entraînements, répétitions, camps ou en développant volontairement une animation sur un thème de santé, les personnes qui encadrent les jeunes lors d'activités de loisirs occupent une place particulière. Ils ne sont en effet ni parent, ni enseignant et c'est en général par plaisir que les jeunes pratiquent leur hobby.
C'est une bonne entrée en matière pour faire de la prévention que de parler de plaisir, de détente, de bien-être sans consommer de substances psychotropes.
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