Définition
Somme destinée aux petites dépenses personnelles.
Le montant
Il doit être évalué de manière réaliste, en tenant compte du contexte de l'enfant. Il est à discuter avec lui, en fonction de ses besoins réguliers, de son âge, de son entourage. Rappelons que l'enfant est parfaitement capable de comprendre que les ressources de la famille peuvent être inférieures à celles du voisin.
Voici quelques chiffres couramment proposés:
| Année scolaire | Par semaine | Par mois |
| 1ère | Frs 1.- à 1.50 | |
| 2ème | Frs 1.50 à 2.00 | |
| 3ème | Frs 2.00 à 2.50 | |
| 4ème | Frs 2.50 à 3.00 | |
| 5ème et 6ème | Frs 15.- à 25.- | |
| 7ème et 8ème | Frs 25.- à 35.- | |
| 9ème et 10ème | Frs 35.- à 45.- | |
| Ecole supérieure | Frs 50.- à 100.- |
A lire pour comparaison les valeurs indicatives des articles de Budget-Conseil Suisse."L'argent de poche pour écoliers" + "Argent de poche pour les enfants, les adolescents et les adultes". |
Les professionnels semblent unanimes sur un point: "il est important que l'argent ait une fonction éducative pour l'enfant" ... certes .. mais cette fonction ne devient-elle pas de plus en plus difficile dans une société axée de consommation et du syndrome "tout-tout-de-suite" ?
Le versement
Il doit être régulier, par semaine pour les plus jeunes enfants, à un jour déterminé. Le week-end semble un bon moment. Il convient de ne pas oublier ce versement même si au début l'intéressé n'y pense pas toujours.
Par la suite, le versement peut être effectué tous les 15 jours puis en début de chaque mois.
Une fréquence régulière l'exercera à échelonner ses dépenses.
L'usage
Il est impératif de se mettre d'accord sur ce qui doit être payé avec le pécule. Non pas le nécessaire mais le superflu (bonbons, vignettes, etc...). Il vaut mieux ne pas oublier que l'argent de poche servira avant tout à l'achat d'objets qui vous sembleront souvent inutiles, voire stupides. Mais n'est-ce pas dans le fond la règle du jeu?
On pourra demander à l'enfant une contribution ou une participation, même symbolique, pour l'achat d'un objet coûteux.
Les extras
On peut rémunérer quelques petits travaux. Toutefois, mettre la table ou faire son lit sont des actes qui devraient faire partie de la répartition normale des charges incombant à tous les membres de la famille.
Pas question de tarifer.
L'idée de monnayer quelques services exceptionnels est admise aujourd'hui, encore qu'elle ne soit pas toujours acceptée par les professionnels de la famille: laver la voiture, les vitres, etc...
Méfiance absolue pourtant en ce qui concerne le paiement des résultats scolaires; il est normal que l'enfant travaille à l'école. Le faire avancer à la carotte ne semble pas une bonne solution.
La rallonge
Faut-il accepter de donner plus que le montant fixé lorsque tout a été dépensé bien avant la fin du mois?
Sur cette question, les avis et expériences divergent. Il semble pourtant que la fermeté est l'attitude la plus souvent recommandée, dès lors que l'enfant demande quelque chose en plus pour s'acheter bonbons et autres sucreries.
Il en va autrement lorsque celui-ci souhaite acquérir une marchandise hors de portée de ses moyens, telles que bicyclette, stéréo, ... Il s'avère nécessaire de discuter, de fixer le montant de sa contribution.
Dans tous les cas, le spectre du chapardage ne devrait pas entrer en considération dans l'accord d'une rallonge éventuelle, car les enfants qui s'essayent à cette activité le font la plupart du temps plus par défi que par manque de moyens.
Le contrôle
Les sommes importantes, suivant l'âge de l'enfant, peuvent faire l'objet d'un contrôle ou d'une supervision. L'essentiel devrait être mis de côté, dans la tirelire ou sur un compte, en vue d'un achat conséquent.
Les faibles sommes ne devraient pas être soumises à un contrôle, mais il peut y avoir une discussion sur la manière de les dépenser.
Que l'on n'oublie jamais pourtant que l'argent de poche doit pouvoir être dépensé selon les caprices de l'enfant. C'est à ce prix sans doute que l'argent acquiert sa valeur pédagogique.
Pour finir
Ces diverses recommandations ne vont pas pouvoir être appliquées strictement. Il vaut mieux en être conscient et s'éviter ainsi bien des illusions. Même lorsque l'information a été clairement énoncée, elle peut faire l'objet d'un oubli ou de transformations ultérieures.
Les parents ne doivent pas se décourager d'avoir à redonner à intervalles réguliers les mêmes informations. Dans l'autre sens, il ne faut pas hésiter non plus à modifier et moduler les attitudes et les interventions selon l'avancée en âge de l'enfant et l'évolution de ses besoins.
Sans jamais oublier enfin que l'argent de poche reste dans l'univers familial un thème privilégié de discussions et de dialogues et donc l'occasion d'une rencontre riche en émotions.
Source: "L'argent de poche" aux éditions Pro Juventute
Comment aider votre enfant dans son apprentissage avec l'argent?
- En étant un consommateur intelligent et non pas uniquement un CON-sommateur. Donc en montrant l'exemple!
- En montrant que l'on peut aussi être patient avant de sauter sur l'objet de ses désirs.
- En lui apprenant la valeur des choses.
- En lui rappelant que oui, les maths servent quand même à quelque chose :-)
- En lui faisant confiance.
A noter que les avis des professionnels divergent quant à l'âge requis pour le premier argent de poche.
Certains professionnels de la famille soutiennent qu'un enfant confronté tôt à l'argent saura mieux le gérer.
D'autres en revanche pensent que donner de l'argent de poche avant 10 ans est le meilleur moyen d'en faire un petit consommateur docile.
NB: Si les professionnels semblent unanimes sur le fait qu'il est important que l'argent ait "une fonction éducative pour l'enfant", il n'en demeure pas moins que cet apprentissage devient de plus en plus difficile dans une société axée sur la consommation et le syndrome "tout-tout-de-suite".
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A lire pour comparaison les valeurs indicatives des articles de