Home Violence familiale Interview :: Ass. Face à Face pour femmes et ados au comportement violent

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Claudine Gachet, fondatrice et présidente - Genève

 

Quels constats vous ont amenés à créer l'Association Face à Face?

Claudine Gachet: L'association Face à Face a été crée en 2001 pour apporter une aide aux femmes qui ont des comportements violents. Aucun autre lieu spécifique en Suisse n'existait alors pour les accueillir car nous touchons en l'évoquant un tabou social. Etant minoritaires elles s'isolent, se sentent coupables, honteuses, se dévalorisent et de ce fait perpétuent la violence sur leurs enfants, conjoint, ou personne âgée.
Ces femmes ne sont pas folles, comme on aurait tendance à les cataloguer. Elles sont tout de ce qu'il y a de plus "normal" mais sont souvent débordées par leurs multi-rôles "épouse mère professionnelle".

 

Combien de temps les femmes mettent-elles en moyenne avant de demander de l'aide?

Claudine Gachet: C'est très difficile à évaluer. Dans notre pratique nous avons constaté que cela peut être tout de suite après la crise violente car elles sont conscientes d'avoir transgressé une règle essentielle pour elles, leur famille, leur culture.
Cela peut être très longtemps après les premières violences, après une longue période de dévalorisation, de honte, de déni parfois.
Cela peut également être à des moments clés de leur vie, lorsque qu'elles sont enceintes, lors de séparation, décès…

 

Quelle est votre méthode pour les femmes aux comportements violents?

Claudine Gachet: Nous nous sommes inspirés de modèles canadiens et les avons adaptés à notre culture. Aujourd'hui nous avons développé notre propre modèle.
Nous menons 3 à 5 évaluations et lorsque nous constatons qu'une femme est prête à participer au groupe, nous l'invitons à le faire. Il s'agit d'un groupe semi-ouvert. A tout moment quelqu'un de nouveau peut y entrer. Ce groupe est limité à 9 personnes au maximum. Il y a 20 séances de groupe sur 6 mois (excepté pendant les vacances scolaires).
Nous travaillons sur l'aspect relationnel, sur l'estime de soi, nous donnons des outils pour repérer les émotions et les gérer. Des études montrent que l'estime de soi et les comportements violents sont liés. Lorsque l'estime de soi augmente, les violences cessent. Parce que celui qui se respecte va respecter autrui. Le cadre de la thérapie est très stricte et le contrat de participation très précis.

 

Votre Association vient également en aide aux adolescentes aux comportements violents. Pouvez-vous nous en toucher quelques mots?

Claudine Gachet: La violence augmente partout, sous toutes ses formes. Un nombre croissant d'adolescentEs s'adonne à des batailles rangées, cogne sur leurs soeurs, leurs frères, leur mère! Les admissions de l'Hôpital cantonal voient de plus en plus souvent arriver des jeunes filles frappées et blessées par d'autres JEUNES FILLES!
Nous accueillons des adolescentes de 13 à 18 ans qu'elles soient sous mandat d'un juge ou pas, recommandées par leur foyer, leur-s parent-s ou par tout autre service ou personne (éducateur, etc…).
Après 2 entretiens nous offrons 10 séances de groupe de 2 heures afin de permettre à l'adolescente d'adopter des comportements différents face à la violence.

 

Les parents peuvent-ils vous contacter pour demander une prise en charge de leur adolescente présentant un comportement violent?

Claudine Gachet: Oui, car la prise en charge des adolescentes peut émaner autant du privé (famille) que des associations et des services concernés.

 

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